Je n'ai que deux petits-enfants et ils vivent à l'autre bout du monde. Je les ai vus pour la dernière fois il y a dix-huit mois. Ils ont sûrement grandi, leur voix a même changé au téléphone, mais c'est tout ce que je peux dire sur ce que deviennent ces petits que les circonstances ont bousculés dans un lointain ailleurs. Telle est maintenant la vie qui écartèle des familles entre deux continents ! Il ne faudrait pas qu'ils connaissent de leur mamie qu'une voix désincarnée et il faut éviter que leurs souvenirs s'effilochent à mesure que passent les années, au risque de ne pas me reconnaître le jour où ils me reverront ! Nous avons cependant partagé quelques moments de bonheur comme peuvent en témoigner les photos prises lors d'épisodiques rencontres.
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dimanche 4 novembre 2007
Le vieux pommier
Cet arbre donne encore d'abondantes récoltes de pommes non traitées, au goût légèrement acidulé et à la chair blanche. En cet automne 2007, alors que j'étais de passage dans la région pour faire la promotion de mes romans, je me suis arrêtée dans ce village plein de signification pour moi et ma famille. J'ai pris le thé chez le propriétaire actuel de la maison, dont le grand-père en fit l'acquisition de mon arrière-grand-père en 1905. Peu de choses ont changé depuis un siècle si ce n'est qu'on y a installé l'électricité et l'eau courante. C'est une vaste et solide maison aux murs épais, bien éclairée par de larges fenêtres avec un étage composé de cinq chambres. A l'évidence, mon aïeul ne comptait pas avec le destin qui allait l'obliger à choisir l'exil dix ans plus tard !
En partant, j'ai cueilli un plein sac de pommes que j'ai rapportées avec moi en Belgique où je les ai cuites en compote.
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